En tant que professionnel, je trouve qu'il est toujours plus compliqué de produire quelque chose pour soi. Pour un client, dans le cadre d'une prestation, je suis amené à crée un logo ou une charte graphique. Mais j'ai un détachement émotionnel qui me permet d'avancer assez rapidement et efficacement sur le rendu.

Pour wisian, j'ai du imaginer et créer un logo. Comme ce dernier va accompagner le projet pendant une bonne partie de sa vie, j'ai besoin qu'il me fasse kiffer. Il me faut un attachement fort avec ce logo. Il faut qu'il me corresponde. Il faut que je le "sente".

Dans le processus de création graphique, la première fois n'est jamais la bonne. On tâtonne, on explore des pistes, on essaye de regrouper des idées et de les tordre dans tous les sens pour en faire ressortir quelque chose de sensé et original. Mais c'est jamais bien. C'est normal. C'est assez rare de tomber juste du premier coup, et c'est pas grave.

L'oeil du graphiste voit des choses que les autres ne voient pas. C'est l'oeil du professionnel, et ça le fait dans tous les domaines. Les petites imperfections nous sautent aux yeux. Manque d'équilibre, problèmes de balance ou d'harmonie dans les traits. Dans les premières versions du logo que j'ai montré à mon entourage, on m'a dit que c'était très bien. Mais au fond de moi, même si l'exécution est bonne, je sentais que quelque chose n'allait pas. Je sentais que ce logo ne m'allait pas.

Alors, la (ma) meilleure solution dans ce cas là, c'est de laisser de côté. Parce qu'une fois le travail de création commencé, il faut laisser le cerveau s'en reposer. Ce qui se passe, c'est qu'inconsciemment, il va quand même continuer de bosser dessus.

Et à un moment, ça peut-être au beau milieu de la journée ou le soir en s'endormant, une révélation va naitre. Et c'est à ce moment là que le processus créatif est le meilleur chez moi.

Je ne dis pas que c'est le meilleur logo que j'ai pu faire, mais il me va. Je le sens bien. J'ai envie de travailler avec. Dans quelques temps, je vais surement revenir dessus, en rajoutant de la complexité ou quelque chose de plus subtile.

La créativité ne se commande pas. Elle se ressent. Et quand on est attaché à un projet, il doit résonner correctement en soi.